Sur les chemins soufflant lumière
Et vents
Des senteurs fraîches couraient comme les matins clairs
Aux sentiers herbus, les quatre vents offraient le repos à un homme
Etendu, il respirait l’herbe verte et l’azur de l’air
Ses yeux s’ouvraient pour regarder le ciel
Moi, le conteur, je m’éveillais
Le vis
Sur les chemins verts
Les reflets irisés et venteux du soleil
Voici sa narration que je vous confie :
« Les landes brunes soupiraient dans des paroles formant la brume, au loin. L’horizon obscur montrait les débris de ce qui avait été détruit, et le tonnerre barbare disparaissait, de cet espace qui sans répit était charrié par la terre, dans le ciel brumeux de néant. Encore quelques reflets sombres, criaillant, comme des ombres à la présence souffrante, s’évanouissaient dans l’épaisseur fissurée des landes brunes qui balbutiaient quelque mot de victoire, comme le soldat essoufflé par la bataille, lorsque de nouvelles surfaces d’herbe frémissante apparaissaient. »
Cet homme traversa ces terres désolées. Il me dit qu’il avait pu y observer le soleil à travers le brouillard, et le halo brumeux qu’il déposait sur le sol. Il avait écouté le vent se tordant dans la brume comme une feuille d’acier dans l’espace profond, et, ressentait sa plainte dans une bise qui l’effleurait. Il découvrit la promenade des ombres sur les allées herbeuses, courtes sur les landes brunes, et perçant de rosée fraîche ces formes faites de noirceur lugubre et de clabaudages.
L’homme contempla également des phénomènes de combat sur ces terres fangeuses. Il raconta :
« Un écho lointain soufflait, et comme un murmure, le vent parlait. Les ombres se multiplièrent soudain, comme de nouvelles troupes fangeuses sur ces champs de terre brune, jusqu’à l’horizon de brouillard. Les landes brunes exhalaient des voix basses, et dans un conciliabule, répondaient aux susurrations du
vent.
Le lointain horizon rougeoya de feux solaires, répandait des flammes dans le ciel et l’air de ces terres suffocantes. Les landes brunes résonnèrent alors comme un tambour frappé par l’homme blessé. Un orage sauvage apparut et parcourut tout l’espace en tonnant. Des pluies torrentielles se déversèrent sur le sol blême. Des lances électriques et les flammes solaires frappaient toutes l’étendue des landes blessées. Brusquement, ces dernières furent percées par des explosions sur tout leur corps, retentissements violents qui transportaient la terreur jusqu’aux ombres et dans le lointain, produisant des multitudes d’excavations profondes. Dans l’atmosphère grisâtre, le vent heurtait le feu qui y était présent. Des courants de flammes impétueux envahissait alors l’espace, depuis le ciel tombaient pour rendre le sol brûlant. Le vent de flammes soufflait dans les landes brunes, affleurant au-dessus des terres désolées comme de vastes incendies et courant jusqu’au lointain. Le feu était son souffle frénétique, embrasait , écrasait sur la terre les ombres fangeuses, étouffait leurs mots comme l’étouffement de brasiers. Le combat imposait le silence à l’ennemi, et le tumulte des ruissellements créés par les pluies intenses sur le sol tremblant, sous mille éclairs, devenait plus clair, comme un fleuve chantant avec fracas lorsqu’il rencontre l’océan.
Les ombres avaient été renversées et brûlées par le vent. Elles jonchaient maintenant le sol sur toute l’étendue des landes brunes, leurs attaques partiellement devenues impossibles, mais répandaient encore de fortes agressions sous forme de poison sur la terre et dans l’atmosphère. Les ruissellements gonflèrent plus encore, et dans une puissante progression, purent charrier les ombres moribondes et hostiles jusqu’aux excavations creusées par les explosions répandues sur ces champs de terre brune. Là, dans un dernier et terrible effort, les ombres élevaient une cohue sonore, à l’attirance obséquieuse et hypocrite, putride de clabauderies, étouffée par les masses d’eau. Des bassins inondés, accueillant dans toute leur profondeur des cadavres d’ombres, constituaient alors les marécages d’ombres sur ces étendues.
Les reflets blafards d’ombre s’étaient évanoui de l’air, comme les formes fangeuses avaient disparu du sol ; caressées par la brise et les murmures, les landes brunes s’étendaient avec des marécages d’ombres jusqu’à l’horizon de brouillard. Là, le vent comme un souffle clair, effaça les brumes jusqu’au ciel et mes pieds aux bottes humides et brillant sur le sol chaud. Sous l’azur où le néant avait disparu, comme un ciel éternel, sous le soleil, un halo brumeux était venté par la clarté et transpercé de milliers de scintillements, laissé au vent dans les les landes brunes parcourues par les marais d’ombres. »
Les nouvelles landes brunes s’acheminaient à leur paisible destinée
Comme l’homme qu’elles acheminaient aux plaines ambrées
Devant
Le mystère des nouvelles landes brunes serait dévoilé
En avant
Sur la terre les ruissellements
Au Zénith d’Azur
Un bleu coruscant
Et l’étoile bleuté
Quelque vers sonore susurré par le vent
L’homme me confia ce qu’il avait compris :
« Les nouvelles landes brunes sous mes pas
Comme la voie poétique
M’accompagnaient
Sur les chemins soufflant lumière
Et vents
Sur les sentiers herbus, le conteur vint des quatre vents
Aux sentiers herbus, je voyais les plaines ambrées
D’air d’azur et de jardin
Coloré
Par la force et le soleil
Une fleur sur le sol entourée par des masses de couleurs
Je marchais dans les jardins entouré par des milliards de fleurs
Marguerite irisée d’azur
Et le coquelicot baguenaudait, nacré sous le soleil
Comme le ciel et la terre muse avec l’arc-en-ciel
Des milliers de fruits sur l’arbre des plaines fleuries
De gros vergers chargeaient des fruits dans les plaines mûries
Feuillage de chatoiement du cerisier et du poirier
Les reflets rouges des cerises et les reflets ambrés des poires diapraient les plaines herbues dans l’ombre claire
Comme le ciel et la terre peints par les fruits
Miroitantes
Le souffle frissonnant de chatoiements
Les fontaines renversant l’eau
Dans les bassins d’ondes d’air fraîches
Et les ruisseaux
Baguenaudaient entre les fruits des vergers peints par le ciel
Dans les jardins aux milliards de fleurs colorées par l’arc-en-ciel
Dans les plaines ambrées peintes par le soleil et le vent d’azur
Comme si le ciel et la terre étaient parcourus par une grande étoile et la brise ambrée »
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